LE CIMETIÈRE DES ROIS...

le Panthéon genevois

A l’origine, ce cimetière n’était pas du tout destiné aux célébrités de Genève, tout au contraire...

On a conçu le cimetière de Plainpalais à la fin du IVème siècle, le plus loin possible de la Ville et de ses habitants, pour enterrer les citoyens qui étaient mort de la peste noire, une terrible maladie contagieuse et inguérissable, qui faisait des ravages à travers toute l’Europe.

C’est quelques centaines d’années plus tard seulement, quand la peste noire n’existait plus, qu’on a commencé à y enterrer des personnalités et citoyens genevois illustres, citoyens qui s’étaient distingués pendant leur vivant et avaient des mérites en relation avec la Ville de Genève. Le cimetière de Plainpalais c’est l’histoire de la cité et il fait aujourd’hui office de guide de ceux qui ont fait Genève.

Mais on y trouve également quelques citoyens tout-à-fait “normaux“, qui y sont enterrés, sans mérites particulières envers la Ville de Genève.

Les tombes

de la famille Pictet de Rochemont

Charles Pictet de Rochemont, Juliette Henriette Pictet de Rochemont, Marc Auguste Pictet et sa femme, né J.F. Turrettini sont enterrés dans ce

cimetière.

Quelques personnages mentionnés

sur le mur

des souvenirs

Des pierres tombales sont alignées au long d’un “mur du souvenir“ dans le secteur 7 du cimetière.

Charles Pictet de Rochemont.

1755-1824.

Charles Pictet de Rochemont était Conseiller d’Etat, député de la République de Genève à Vienne en 1814, ministre plénipotentiaire de la Confédération helvétique à Paris en 1815 et à Turin en 1816. Il obtint les frontières actuelles du canton de Genève et le statut de la neutralité perpétuelle de la Suisse.

Le monument funéraire a été élevé à la mémoire de Charles Pictet de Rochemont par une réunion de Suisses des 22 cantons et d’amis de la Suisse.

Avant de s’engager dans la politique et la diplomatie, Charles Pictet de Rochemont, qui était un agrarien, s’occupa de travaux agronomiques et de l’élevage des moutons mérinois. Il créa en 1799 une ferme modèle à Lancy.

La mairie de Lancy d’aujourd’hui était le “Château“ de Charles Pictet de Rochemont.

de la réformation à Paris en 1533. Suite aux persécutions menées contre les protestants français (appelés huguenots) il se réfugie à Ferrare, à Strasbourg et ensuite à Bâle ou il publie en mars 1536 l’institution de la religion chrétienne qui contient l’essentiel de ses idées.

Fin 1536 il est nommé professeur de théologie à Genève, ou la réforme a été adoptée. A Genève il y joue un rôle à la fois religieux et politique, sous Guillaume Farel, qui est à l’origine de l’Eglise réformée de Genève, mais en réalité c’est Calvin qui dirige l’église. Il écrit Les confessions de foi pour tenter d’organiser l’Eglise à Genève, mais les genevois refusent de signer les 21 articles. Par la suite il se fait bannir pour rigorisme excessif. Il se retire alors à Strasbourg ou en 1538 il propage ses nouvelles doctrines. En 1540 il se marie à Strasbourg.

Abraham Joly. 1748-1812.

Abraham Joly était docteur en médecine et homme politique. Il fut membre du Conseil des Deux Cents en 1775, et président à l’époque napoléonienne du Conseil général du Département du Léman lorsque Genève en était la capitale.

François Théodore Louis Baron de Grenus. 1785-1851

François Théodore Louis de Grenus était historien et l’auteur d’un volume intitulé Fragments historiques sur Genève avant la Réformation (1823). L’historien a édité d’autre part des documents relatifs à l’histoire du Pays de Vaud dès 1293 à 1750 (1817). Avant sa mort, le Baron de Grenus donna plusieurs maisons à ses concitoyens. Il légua d’autre part une importante somme d’argent, qui permit la création d’un fonds de secours en faveur des invalides victimes de la guerre.

Jacques Mallet. 1724-1815.

Banquier né à Paris et mort dans le village de Chougny en France. Membre à Genève du Conseil des Deux Cents. La famille Mallet était une dynastie de banquiers qui fondait la première banque en France.

Il règne un calme absolu sur ce beau cimetière, c’est un endroit de recueillement parfait.

Une stèle de 5 mètres de haut près de l’entrée du cimetière dans le secteur 5, offert par J.J. de Sellon, citoyen de Genève et compte du Saint-Empire.


J.-J. de Sellon (1782-1839)  philantrope, pacifiste et homme politique était le fondateur en 1830 de la Société de la Paix, qui luttait pour l’abolition de la peine de mort.

Il fait figure de précurseur de l’esprit de Genève. Il habitait à la rue des Granges 2, le domicile genevois de la famille de Seillon.


Cette stèle est gravée avec les noms de personnalités qui ont contribués à maintenir la paix

au monde.

Inscription sur la tombe de Jean Calvin

La petite chapelle du cimetière

Le plan de situation du cimetière

Rodolphe Kreutzer. 1766-1831.

Rodolphe Kreutzer, violoniste français de réputation internationale, vit le jour à Versailles et mourut à Genève. Ludwig van Beethoven (1770-1827) dédia au violoniste sa sonate pour violon et piano en la majeur (op.47), dite Sonate à Kreutzer.

Léon Nikolaïewitch Tolstoi publia en 1889 un court roman, inspiré par la musique de Beethoven et intitulé La Sonate à Kreutzer. Rodolphe Kreutzer écrivit des opéras et des oeuvres instrumentales. Il convient de mentionner quarante études ou caprices pour violon seul.

Ernst Christian Friedrich Wehrstedt. 1795-1876

E.C.F. Wehrstedt est originaire de Brunswick en Allemagne. Etabli dès 1825 dans la Cité de Calvin en qualité de professeur de piano, il fut naturalisé genevois en 1829. Organiste au temple de la Fusterie, le musicien fonda la Société de chant sacré. Il dirigea cet organe entre 1827 et 1872. En 1855, Wehrstadt publia un Choix de psaumes avec harmonies nouvelles.

David-Charles Odier. 1765-1850

David-Charles Odier, homme politique, devint membre du gouvernement provisoire le 31 décembre 1813, siégea au conseil d’Etat de 1814 à 1842 et fut neuf fois syndic.

Louis-François Loubier. 1806-1862.

Louis-François Loubier, homme politique, fut consul général de la Confédération suisse de 1847 à 1862. Il mourut alors qu’il séjournait à Collonge-Bellerive, au Château de Bellerive.

Simon Rath. 1766-1819.

Simon Rath était militaire au service de la Russie avec un grade de lieutenant-général et se retira à Genève en 1817 ou il est mort deux an plus tard. Simon Rath avait légué à ses soeurs Jeanne et Henriette la somme de 182‘000 florins avec le voeu qu’elles fassent construire un musée des beaux-arts (le Musée Rath à la place Neuve).

Abraham Augustin Saladin de Budé. 1760-1822.

Le nom d’Abraham Augustin Saladin de Budé est resté attaché à la restauration de la république après l’occupation de Genève par les troupes napoléoniennes. Il se rendit à Bâle auprès des souverains alliés. En compagnie de des Arts et de Pictet de Rochemont, il chercha à faire reconnaître la république genevoise restaurée. Enfin, il accompagna l’avocat Jean-Pierre Schmidtmeyer auprès de la Diète réunie à Zurich, pour négocier, entre avril et juillet 1814, l’agrégation de Genève à la Suisse.

Ce chapitre sur le cimetière de Plainpalais, appelé également Cimetière des Rois,

nous le dédions à Patrice Rossel, l’auteur du livre “Une visite du cimetière de Plainpalais“

paru aux éditions Les Iles futures à Pully en 1994.

Sans ce livre et le travail historique gigantesque de Patrice Rossel, il aurait été impossible

de commenter les pages qui suivent.

Ce livre, qui retrace l’histoire de Genève, est en vente au prix de CHF 29.00 au Cimetière de Saint-Georges à Genève.

Textes réalisés sur la base du livre Une visite du cimetière de Plainpalais de Patrice Rossel, Ed. Les Iles futures, 1994.

Le mur des souvenirs

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Statuette de Pictet de Rochemont sur la promenade de la Treille.

Charles Pictet de Rochemont

La tombe la plus connue dans le cimetière de Plainpalais

est celle du réformateur Jean Calvin. 1509-1564.

Jean Calvin, de son vrai nom Jehan Cauvin, est né en Picardie le 10 juillet 1509 et mort à Genève le 27 mai 1564. Il était un humaniste français, homme de lettres, théologien acquis aux idées de la Réforme protestante, polémiste et chef religieux.

D’abord destiné à une carrière de juriste, Calvin s’était lié avec plusieurs partisans du Réformateur allemand Martin Luther et adopte ses idées. Il se converti et propage les thèses

réforme, en les condamnant à l’exil ou même à la peine de mort! Il est surnommé le Pape de Genève.

Il y avait beaucoup de résistance contre Calvin surtout par le groupe politique les Libertins. Mais en 1955 les Libertins furent battus, leurs chefs exilés ou exécutés, et il n’y avait plus de résistance contre le régime de Calvin. La voie était libre pour la réforme des moeurs. Le nouveau régime protestant se stabilisa définitivement et Genève prit le surnom de Cité de Calvin.

En 1559 Calvin fonda l’Académie de Genève dont il confia le rectorat à Théodore de Bèze. C’était le début d’une grande réforme scolaire.

En 1541 les genevois rappellent Calvin et Farel à Genève, mais c’est seulement Calvin qui accepte de revenir, sous condition que l’Eglise soit indépendante de l’Etat. Calvin met en place la république calviniste à Genève. Il lutte contre ceux qui ne sont pas favorables à la

Texte sur le

monument funéraire de

Charles Pictet de Rochemont

(Les deux dessins de Calvin provienent de wikimedia commons)

(Wikimedia commons)


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