Le cimetière des Rois est conçu généreusement. Beaucoup de vieux arbres agrémentent la balade des visiteurs.

Ecrivain argentin. Au cours de sa jeunesse, Borges fut élève au Collège Calvin. Jorge Luis Borges était féru de litterature ancienne et s’est intéressé à ses lointaines origines britanniques et plus particulièrement aux régions qui furent envahies par les Vikings. Sur la tombe on découvre des inscriptions étranges et des dessins qui font allusion à l’époque des Vikings. Près des années de naissance et de mort du défunt, le graveur a représenté une croix celtique. On trouve ainsi l’emblême caractéristique des régions de l’Angleterre et de l’Irlande, avec la roue scolaire et les deux rayons qui se coupent perpendiculairement, formant une croix.

Plaque à la Grand’Rue 28 dans la Vieille-Ville de Genève où Jorge Luis Borges a habité

Louis Blondel. 1885-1967.

Architecte et archéologue du canton de Genève de 1920 à 1965 et conservateur du Vieux-Genève. Défend une certaine manière d’envisager l’expertise historique dans la construction de la ville contemporaine.

Fondateur et chef du mouvement Eclaireur en Suisse.

Cécile de Ziegler. 1898-1982.

Cécile de Ziegler, l’épouse d’Henri, repose à côté de son mari.

Aucune inscription funéraire n’est présentée sur cette tombe à l’aspect particulier: un amas de cailloux. Le défunt voulait, comme unique ornement sur sa sépulture, quelques pierres de son jardin. Professeur, Jean Piaget dirigea l’Institut Rousseau, un établissement qui fut rattaché à l’Université de Genève dès 1929. Spécialiste de la psychologie de l’enfant, Piaget acquit une notoriété internationale en concevant une théorie biologique de la connaissance de l’enfant.

La psychologie génétique de Piaget est liée à des recherches de sémiotique et d’épistémologie. Le psychologue exposa ses arguments dans plusieurs ouvrages.

Henri de Ziegler. 1885-1970.

Henri de Ziegler écrivit plusieurs ouvrages d’essais et de critiques littéraires et obtint le grand prix de littérature de la ville de Genève.

Trois monuments des membres de la famille Ferrero.

Les membres de la famille Ferrero ont tous laissé des travaux

dans le domaine de l’écriture.

Guglielmo Ferrero (1871-1942) fut l’élève du criminaliste Cesare Lombrosa. Par la suite il se spécialisa dans l’histoire et la sociologie et obtint une renommée mondiale avec son livre “Grandeur et décadence de Rome“, suivie par “la Ruine de la civilisation antique“. En 1930, opposé au régime fasciste, Guglielmo Ferrero quitta l’Italie et vint s’établir à Genève. Il enseigna l’histoire contemporaine à l’Université.

Leo Ferrero (1903-1933) était le fils de Guglielmo Ferrero. Il se tua dans un accident d’automobile lors d’un voyage à Santa Fé. Malgré son jeune âge, le disparu s’était déjà fait connaître en tant qu’écrivain et poète.

Gina Ferrero (1872-1944) était l’épouse de Guglielmo Ferrero et la mère de Leo. Elle était la fille du criminaliste Cesare Lombrosa. Elle écrivit la biographie de son père et de nombreuses autres livres.

Frank Martin. 1890-1974.

Frank Théodore Martin, compositeur, natif et bourgeois de Genève, est mort à Naarden aux Pays-Bas. Parmi ses oeuvres lyriques et vocales, il composa Le vin herbé, d’après Tristan et Iseult. Le musicien écrivit des symphonies, des oratoires, de la musique de chambre, de scène, de ballet et des mélodies. Le grade de Docteur honoris causa de l’Université de Genève lui fut attribué et il obtint encore le  Prix de la Ville de Genève. Fixé en Hollande après la Seconde Guerre mondiale, il enseigna d’autre part au Conservatoire de Cologne.

Paul-Fabien Perret-Gentil. 1895-1973.

Paul-Fabien Perret-Gentil était éditeur. Pendant la seconde guerre mondiale, une époque marquée par la censure, il fit paraître un journal intitulé Reflets, qui accueillait des points de vue non-conformistes. De 1937 à sa mort il diffusa plusieurs milliers d’ouvrages, la plupart de poésie. Il s’adonna également à la peinture et signa avec le pseudonyme Pidji. Eclectique, il fonda le Théâtre de Poche à Genève et se lia d’amitié avec François Simon.

Un livre... une pierre tombale magnifique pour un éditeur.

Edouard Elzingre. 1880-1966.

Edouard Elzingre, au début de sa carrière, partit pour Paris afin d’y suivre des cours dans une Ecole des Beaux-Arts. D’abord peintre animalier, le jeune homme se consacra peu à peu à d’autres sujets et publia des dessins en rapport avec l’actualité. Dès 1907, revenu en Suisse, l’artiste réalisa de nombreuses affiches qui furent diffusées par la maison Atar. L’écrivain Alexandre Guillot profita aussi des travaux du peintre. Des oeuvres telles que La nuit de l’Escalade, Le Siècle de la Réforme à Genève et La Restauration genevoise furent illustrées par Edouard Elzingre. On trouve des cartes postales avec les sujets d’Elzingre au Musée Tavel.

Marcel-William Suès. 1899-1989.

Marcel-William Suès, alias Squibbs, journaliste. Pionnier du reportage radiophonique, Squibbs conquit, par sa verve, un public qui écoutait les retransmissions et matches de football ou de hockey sur glace. Avant l’arrivée de la télévision dans toutes les catégories de la société, les commentaires de Squibbs suppléaient l’image, et les auditeurs subjugués ne regrettaient plus d’être éloignés du terrain où se déroulaient les joutes. Squibbs oeuvra encore, dès 1920, en qualité de journaliste politique, à l’occasion des séances de la Société des Nations.

Edouard Suès, le père de Marcel-William, médecin oculiste, gît dans la même concession.

Pedro Meylan. 1890-1954.

Sculpteur suisse né à Buénos Aires. Sculpteur spécialiste des bustes. A sculpté également le buste funéraire en bronze de Léon Nicole.

Simone Rapin. 1901-1988.

Simone Rapin, artiste et poête, entreprit des études de lettres à Lausanne et continua ses études à la Sorbonne de Paris. Elle commença sa carrière comme comédienne à Paris et fut également chanteuse. Ensuite elle se retourna vers la poésie et écrivit également des pièces de théâtre. Elle reçut plusieurs prix pour sa poésie, entre autres le Prix international des poètes de France (1960), le Grand prix international de poésie vivante en Wallonie (1976) et La Plume d’Or de la Société genevoise des Ecrivains (1987) pour son oeuvre Réflexions d’une saltimbanque. Elle est la nièce de l’artiste peintre Aimée Rapin (1868-1956).

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Textes réalisés sur la base du livre Une visite du cimetière de Plainpalais de Patrice Rossel, Ed. Les Iles futures, 1994, et Wikipédia.

Isaac Anken. 1885-1945.

Isaac Anken fut chef du service de l’agriculture. Il entra au conseil d’Etat en 1936 avec le soutien de l’Entente nationale, pour réagir à la politique menée par le gouvernement rouge de Léon Nicole. Il représentait surtout les milieux campagnards. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’occupa de l’exécution du plan Wahlen relatif à l’extension des cultures.

Antoine Pugin. 1898-1978.

Antoine Pugin siégea au conseil d’Etat jusqu’en 1954. Il assuma encore un mandat de conseiller  national de 1943 à 1947. Son épouse Charlotte Pugin est enterrée dans la même tombe.

Jean Piaget.

1896-1980.

Borges acquit une notoriété internationale en publiant ses livres “Fictions“ en 1941 et “Aleph“ en 1949, où se mêlaient rêve et raélité, présent et passé en un âge et un lieu lointains et indéterminés. Parmi ses oeuvres les plus connus il faut mentionner les essais “Inquisitions“ (1925) et “Discussion“ (1932), un roman “Six problèmes pour don Isidro Parodi“ et un recueil de contes, “Le Rapport de Brodie“ (1971).

Jorge Luis Borges. 1899-1986.

Photographe: Pepe Fernandez, 1969, Paris.

(Wikimedia commons).


En 1918 il fonda l’Orchestre de la Suisse romande et partit peu après avec l’orchestre pour une tournée à Buenos Aires, en Amérique du nord ainsi que dans tous les pays d’Europe et en Russie, puis au Mexique.

En tant que théoricien, le chef d’orchestre écrivit un livre intitulé “Les fondements de la musique dans la conscience humaine“ (1961).

Juliette Ansermet Salvisberg fut la deuxième épouse du chef d’orchestre.

(Photo wikimedia commons)

Ernest Ansermet. 1883 - 1969.

Ernest Ansermet était le fondateur de l’Orchestre de la Suisse romande. Il entreprit des études à l’Université de Lausanne, où il obtint le grade de licencié ès sciences mathématiques et physiques. Il fut enseignant dans plusieurs établissements lausannois. Il abandonna l’enseignement en 1909 pour devenir chef d’orchestre au Kursaal de Montreux en 1910. Ensuite il dirigea des concerts d’abonnements à Genève pendant la Première Guerre mondiale. En 1915 il devint directeur des Ballets russes.

Willy Aeschlimann. 1879-1971.

Willy Aeschlimann, historien et chroniqueur du passé genevois, publia le premier Almanach du Vieux-Genève en 1924. La qualité de ses travaux valut à cet historien local la médaille de Genève, qui lui fut attribuée en 1953. Ses concitoyens l’appelaient d’ailleurs “le calligraphe de la république“ en raison de plusieurs travaux exécutés pour de grands organismes internationaux.

Edgar Junod. 1883-1955.

Edgar Junod entreprit des études de droit à l’Université de Lausanne.

Engagé à l’Agence télégraphique suisse, puis à la Gazette de Lausenna, le rédacteur poursuivit sa carrière à Genève et fut le patron d’un des principaux quotidiens préparés dans cette ville: Président du conseil d’administration, administrateur-délégué, directeur général de la Tribune de Genève.

Léon Nicole.

1887-1956.

Homme politique et leader socialiste à Genève avant la Seconde Guerre mondiale.

“Au défenseur des libertés populaires,

les travailleurs reconnaissants“,

peut on lire sur le socle de la pierre tombale.

Léon Nicole fut conseiller d’Etat de 1933 à 1936 et pendant cette période on dénommait la ville

“la Genève rouge“.

Le buste de Léon Nicole a été exécuté en 1936 par Pedro Meylan qui, lui, est également enterré dans ce cimetière.


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