LE BOURG-DE-FOUR
LE BOURG-DE-FOUR
Genève
internationale
Une multitude d’hommes illustres, musiciens, poètes, écrivains, philosophes, penseurs et politiciens ont vécu dans les murs
de la cité de Calvin.
LE BOURG-DE-FOUR -
le coeur de la Vieille-Ville
La place du Bourg-de-Four est le centre de la Vieille-Ville et le rendez-vous des genevois, des étudiants et de nombreux touristes
Depuis des centaines d’années, le Bourg-de-Four était la place la plus importante de la ville de Genève (Burgo Forbis - bourg en dehors ou bourg de forums...?) - un carrefour routier et carrefour de marchés, sur lequel quantité de rues et de ruelles de la Vieille-Ville débouchent.
La place est bordée de nombreuses terrasses, de bistrots et de cafés.
Asseyez-vous devant un des bistrots, buvez un café ou un verre de vin, humez l’atmosphère conviviale, replongez dans la Genève du moyen-âge et admirez les magnifiques vieilles façades des immeubles en parfaites état qui vous entourent.
La Vieille-Ville avec le Bourg-de-Four et les innombrables visiteurs du monde entier, ont contribués à former l’Esprit de Genève.
Le Bourg-de-Four est le coeur de la Vieille-Ville, une place avec de nombreux bistrots, bien animée du matin jusque tard dans la nuit
Une des places bien aimées des genevois, tout comme la place du Molard au centre ville.
Les tribus céltiques
Le Bourg-de-Four était depuis toujours un endroit bien convoités. Un millénaire avant J.-C. déjà les tribus celtiques s’installaient sur la colline du Bourg-de-Four, à l’abri des crus du lac et du Rhône et des intempéries.
En 1564 les Portes de Saint-Léger, de Saint-Chistophe et de Saint-Antoine sont murées, changeant le Bourg-de-Four en cul-de-sac et le privant de relation avec l’extérieur. Les destinées de la place sont désormais celle d’une vie bourgeoise tranquille, animée par les ébats des collégiens, quartier d’habitation avec petit commerce, lieu d’élection des intellectuels et des professeurs.
La rue Etienne-Dumont, anciennement la rue des Belles-Filles, qui débouche sur le Bourg-de-Four.
A droite la rue Saint-Léger, par laquelle Jules César est entré au Bourg-de-Four en 58 ava J.-C.
La place du Bourg-de-Four lors de l’annuelle “Course de l’Escalade“
avec plus de 25‘000 participants en plusieurs catégories.
Tabazan,
bourreau
de Genève
dans son costume bleu-violet-noir.
(...c’est Claude Lambert, le
Tabazan de l’Escalade genevoise).
“Coupeur de têtes“, un métier quand-même assez particulier...
LA RUE TABAZAN
En haut de la rue Etienne-Dumont, tournons à droite. Nous voici dans la rue habitée jadis par François Tabazan, bourreau de la Ville-de-Genève, ainsi que par plusieurs membres de sa famille.
Tabazan (1534-1624) a été l’exécuteur des 67 savoyards faits prisonniers la nuit de l’Escalade. Il a atteint l’âge de 90 ans, ce qui était extraordinaire à cette époque-là, où les gens avaient une prévision de vie d’une soixantaine d’années. Est-ce-que ça venait du métier qu’il exerçait ou est-ce-que c’était la qualité de vie à Genève ?
Le prix de la décollation se monte à l’époque à 10 florins, tandis que celui de la fustigation atteint 5 florins. Dès 1614, le bourreau, arborant un costume noir et violet, reçoit en sus vingt coupes de blé par an. Il reste cependant mal payé et continue de partager avec le gêolier les avoirs des condamnés qu’il éxpédie dans un autre monde.
Les allées traversières
L’une des particularités de la Vieille-Ville réside dans les nombreuses allées tra-versières qui permettaient de gagner une autre rue quelquefois en passant par les étages ou les caves. C’est encore le cas de l’allée qui conduit du no 3 de la rue Tabazan au no 20 de celle de Saint-Légier.
Le passage des Degrés-de-Poule
Ce passage, en grande partie couvert, remonte à 1554 et remplace un escalier à ciel ouvert conduisant directement du Bourg-de-Four à la Cathédrale Saint-Pierre.
Son nom dérive probablement d’une similitude entre ses propres marches raides et celles que l’on installe dans un poulailler.
Le Palais de Justice au Bourg-de-Four
Le Palais de Justice d’aujourd’hui - construit entre 1707 et 1712 - était l’ancien Hôpital général de Genève.
C’est en 1857 que la justice s’est installée dans ce bâtiment qui domine la place du Bourg-de-Four. Le complexe forme un ensemble disposé autour de deux cours carrées, en partie bordées de portique et communiquant entre elles.
Etienne Dumont habitait le no 2 de cette rue qui porte son nom aujourd’hui (ancienne-ment La rue des Belles-Filles).
Né en 1759, il est nommé pasteur à l’âge de 22 ans. Pour des raisons politiques il quitte la ville en 1783 et devient collaborateur de Mirabeau et de Bentham. Il ne revient à Genève qu’en 1814 où il joue un rôle important lors de la Restauration genevoise. Juriste de formation, il est l’auteur du Règlement
Jules César également s’installait au Bourg-de-Four
C’est par le pont de l’Athénée que Jules César est entré avec ses troupes dans la cité genevoise en 58 avant J.-C. et c’est au Bourg-de-Four qu’il a établie une base militaire pour dominer les Helvètes de Genève ainsi que le passage du pont du Rhône à l’emplacement de l’Île d’aujourd’hui; pont qu’il a finalement détruit pour empêcher les “Helvètes un peu trop voyageurs à son goût“ de quitter leur région.
Le Bourg-de-Four à cette époque (c’est le cas aujourd’hui ancore) était une place bien animée. C’était le marché de bétail, et également le marché de blé s’y tenait. Des commerçants de toutes nationalités vendaient toutes sortes de marchandises qui venaient du monde entier. La Genève internationale de l’époque en quelque sorte.
LES RUES QUI DÉBOUCHENT SUR LE BOURG-DE-FOUR ET LEURS ANCIENS NOMS
LA RUE SAINT-LEGER
C’est par le pont de l’Athénée et en montant la rue Saint-Léger que Jules César est entré dans la cité genevoise pour établir ses quartiers généraux au Bourg-de-Four.
Enfin, la démolition des fortifications dès 1848 et l’urbanisation des terrains libérés, permettent le rétablissement des voies d’accès primitives qui ont desservi le Bourg-de-Four: les rues des Chaud-ronniers et Etienne-Dumont sont reliées au nouveau quartier des Tranchées par des ponts enjambant les boulevards inférieurs, tandis que la rue Saint-Léger est raccordée au quartier des Bastions par un passe sous un pont.
Entre 1856 et 1857 l’hôpital est remplacé par le Palais de Justice et la prison. Au XXème siècle la place est demeurée intacte et conserve en partie sa tradition d’habitation, de commerce et de cafés.
La place du Bourg-de-Four est délimitée vers le haut par le restaurant du Carnivore et vers an bas par l’Eglise évangélique-luthérienne.
Vue sur la Cathédrale depuis la rue Etienne-Dumont, anciennement rue des Belles-Filles.
La rue Chausse-Coq (anciennement Chausse-Con), petite ruelle qui fait la liaison entre la rue Etienne-Dumont et la rue Saint-Léger. Sous Calvin elle reçut le nom Chausse-Coq, parce qu’elle était l’endroit ou beaucoup de coordonniers exerçaient
leur métier et chaussaient les jeunes libertins appelés “coqs“ au Moyen Age (...et appelés plus tard “lions“).
Une magnifique petite cour à la rue Tabazan où il fait bon vivre, à l’abri de la pollution et du bruit
Belle fontaine à la fin de la rue Tabazan - angle rue Beauregard, avec une belle sculpture de dragon
La rue Chausse-Coq vue depuis
la rue Etienne-Dumont en direction de la
rue Saint-Léger
Vue en direction de la rue Etienne-Dumont
La rue Tabazan vue depuis le haut de la rue Etienne-Dumont
Tabazan - Ferronnerie d’art genevoise
Un homme hors du commun habitait au no 14 de la rue Etienne-Dumont, le Général Guillaume-Henri Dufour, de 1825 à 1845. Il était né en 1787 à Constance et il est mort en 1875 à Genève.
Il a suivi les cours de l’Ecole Polytechnique où il apprit les bases techniques civiles et militaires. C’est Guillaume-Henri Dufour qui a proposé le drapeau suisse avec la croix blanche sur fond rouge. Il était co-fondateur de l’Ecole militaire à Thoune. Avec Marc Seguin et Marc-Auguste Pictet il a construit à Genève le premier pont suspendu à cable métallique en Europe, la passerelle de Saint-Antoine.
En 1832 il fonde le Bureau topographique fédéral à Berne et réalise le premier atlas topographique de la Suisse, appelé carte Dufour. En son honneur, le plus haut sommet de la Suisse fut appelé Pointe Dufour. En 1847 il prend la tête de l’armée Suisse avec grade de Général et mène la guerre du Sonderbund. Après 25 jours de guerre il réinstalle la paix. En 1852 il fut un des fondateurs de la compagnie de chemin de fer Lyon-Genève. Il fut aussi le co-fondateur de la Croix-Rouge avec Henri Dunant dont il fut le premier président.
Extraits des textes de Véronique Mongenet: PROMENADE HISTORIQUE: Le Bourg-de-Four & le faubourg Saint-Léger
Tout cela disparaissait en 1533-35, une année avant l’adoption officielle de la Réforme protestante à Genève.
C’est la réforme et les changements de moeurs au temps de Calvin qui ont contribué à modifier la vocation et les noms du quartier.
Les noms de ces rues viennent du passé, stimulent l’imagination et se réfèrent toujours aux commerces de la rue.
Ainsi c’étaient les chaudronniers qui avaient leurs ateliers dans la rue des Chaudronniers.
La rue des belles filles, rebaptisée rue Etienne-Dumont, était la rue chaude où s’exerçait la prostitution. L’ancienne appellation de cette artère sinueuse qui menait à Champel, évoque à merveille les filles de joie qui ont occupé les lieux ainsi que certaines rues voisines, telles la rue Chausse-Con (qui recevait le nom de chausse-coq à la suite sous le règne de Calvin), déjà connue des romains sous le nom de Carreria Lupanaris, et l’impasse du Vieux-Bordel, devenue depuis rue Maurice.
Quant à la porte Saint-Christophe, qui a fermé un temps la rue Etienne-Dumont, elle est aussi apparue sous le nom de Porta bordelli.
Tous ces lieux de plaisir étaient alors mieux que tolérés: ils étaient organisés par le Conseil, qui nommait la reine du sérail, très joli euphémisme pour désigner la grande maquerelle.
du Conseil Représentatif et du Code de Police Pénale du canton de Genève. Il meurt en août 1829.
Le no 1 de la Etienne-Dumont a abrité Hugues d’Oltramare, l’un des nombreux traducteurs du Nouveau Testament.
Au no 14 de la rue Etienne-Dumont a habité Guillaume-Henri Dufour de 1825 à 1845. En 1847 il devient général lors de la guerre du Sonderbund.
“La Clémence“ du Bourg-de-Four, rendez-vous des étudiants genevois
“LA RUE ETIENNE-DUMONT“ - ANCIENNEMENT “LA RUE DES BELLES-FILLES“
BEAUCOUP DE PERSONNALITES ONT VÉCU DANS CETTE RUE
La chapelle
à la rue Tabazan
A l’angle rue Tabazan - Rue Beauregard
En 1658 des ormes sont plantées sur la place et le siècle suivant une nouvelle fontaine vient l’embellir (restaurée en 1817). Des hôtels particuliers sont alors aménagés dans la haute ville au-delà du Bourg-de-Four, puis un petit quartier de luxe s’implante du côté des Bastions.
D’importants travaux de nivellement entrepris entre 1816-1817 donnent à la place sa forme actuelle avec la création de la terrasse triangulaire et des murs de soutènement.
LES CHANGEMENTS AU BOURG-DE-FOUR LES CINQ SIÈCLES PASSÉS
Plaque commémorative
à la Tour de l’Ile, à l’endroit même où César a détruit le pont des Helvètes qui traversait le Rhône, pour les empêcher de quitter Genève.
Peinture de Karl Friedrich Irminger
(wikimedia commons)
Daguerrotype de J. de Humnicki 1850
(wikimedia commons)
LE ROI GONDEBAUD A LA PLACE
DU BOURG-DE-FOUR NO 5 A 7.
Entre 443 et 534 Genève a vécu sous l’autorité des Burgondes et fut le siège primitif de la royauté avant de laisser sa place à Lyon.
Pendant son règne - entre 480 et 516 environ - le roi Gondebaud vécut ainsi dans les deux villes et participa à l’agrandissement et à la restauration de Genève, comme l’attestait une inscription située sur une arcade du Bourg-de-Four qui fut démolie en 1841.
Gondebaud meurt en 516, après avoir proclamé son fils Sigismond roi des Burgondes à Carouge, au centre du “Quadruvium“, qui signifie carrefour et qui est peut-être à l’origine du nom de Carouge. A Carouge, en mémoire du roi Sigismond, il y a la place Sigismond, tout près du cimetière de Carouge.
La sculpture de Roger Ferrier montre le roi appuyé sur son glaive. Le roi semble ici pensif, renvoyant à une époque de l’histoire de Genève bien lointaine.
Cette statue se trouve à l’endroit même où ont été retrouvées des traces de constructions du roi Gondebaud qui datent du 5ème siècle.
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